BRANCHE GILLE (Normandie)

 

ETYMOLOGIE

Les dictionnaires des patronymes indiquent une origine gréco-romaine, Aegidius, pour le prénom et le nom de Gilles tels qu’on les rencontre en Provence et dans le Languedoc. C’est cependant dans le département de la Seine Maritime que se trouve historiquement le plus grand nombre de Gille(s). Ceci n'est pas fortuit et plaide en faveur d’une seconde origine, nordique, pour les Gille normands et peut-être aussi pour les fameux Gilles flamands.

 

Il existe un mot norvégien gille qui se prononce "yille" avec prononciation du "e" terminal. Il signifie « réunion festive » comme celles qu’organisaient les chefs pour leurs proches et leurs vassaux. Il est possible que le terme ait eu une autre signification à l’époque Viking. Les Vikings, comme la plupart des gens à cette époque, n’avaient pas de nom de famille mais étaient connus par leur prénom et celui de leur père, auquel on ajoutait souvent un surnom, adjectif lié au lieu d’origine, au physique, à une qualité ou un défaut du personnage etc.

Rappelons aussi que la Norvège eut un roi nommé Harald Gille (1103-1136), dont la vie fait l’objet d’une des sagas de l’Heimskringla. Né en Islande, en 1103, de Magnus Berrfött (« aux pieds nus »), conquérant norvégien de l’Ecosse et de l’Islande, et d’une mère Islandaise, revenu en Norvège en 1123, il aurait passé avec succès l’ordalie pour prouver son origine royale mais aussi fait serment de ne jamais prétendre au trône, alors occupé par un de ses (demi ?)-frères, Sigurd. Après la mort de Sigurd, en 1130, il partagea cependant le royaume avec son neveu, Magnus Sigurdsson, mais ce dernier le chassa trois ans plus tard. Revenu du Danemark un peu plus tard, Harald défit Magnus à Bergen. Magnus fut énucléé, eut un pied coupé et fut castré avant d’être envoyé dans un monastère où il finit ses jours. Harald régna alors seul mais fut assassiné, en 1136, par un autre de ses demi-frères Sigurd Slembidjakn. Le règne de ce dernier semble avoir été relativement court puisque les trois fils de Harald se succédèrent ensuite sur le trône. La famille royale actuelle descendrait d’Harald Gille.

 

Nous ne prétendons nullement descendre d’Harald Gille mais son histoire témoigne de l’existence d’un patronyme Gille dans le monde viking, qu’il est logique de considérer comme étant à l’origine des Gille normands. L’ajout occasionnel d’un "s" à la fin dans les registres paroissiaux est le fait de prêtres éduqués dans une culture gréco-romaine et n’a pas de signification particulière.

Harald Gille Roi de Norvège

Eric GILLE (1919-2002)

Eric Gille, fils aîné de Paul et Germaine Duréault, naît 38 Rue Scheffer, Paris XVIe, le 21 février 1919. Il est d'abord ondoyé à domicile avant d'être baptisé à Notre-Dame de Grâce de Passy. Son Livret de Nourisson a été conservé.

Acte d'ondoiement d'Eric Gille, source archives familiales
Eric Gille (février 1919), source archives familiales
Livret de nourisson d'Eric Gille, source archives familiales
Livret de nourisson d'Eric Gille, source archives familiales
Eric Gille (1920), source archives familiales

Il aura deux frères, Bertrand (1921) et Claude (1921), et deux soeurs, Thérèse (1927) et Solange (1928).

Les trois frères Gille (1922), source archives familiales

Il fait ses études primaires au cours Gerson, 31 Rue de la Pompe. En 6e, il entre au lycée Jeanson de Sailly, au 106 de la même rue. Il est reçu à la première partie du Baccalauréat, le 11 juillet 1934. Le 13 juillet 1935, il est reçu au Baccalauréat Mathématiques.

Diplôme de Baccalauréat 1ère partie, Eric Gille, source archives familiales
Diplôme de baccalauréat Mathématiques (1935), Eric Gille, source archives familiales

Après son baccalauréat, il suit les classes préparatoires aux grandes écoles. En 1937, il échoue aux concours. En 1938, il est admissible à l'Ecole Navale mais échoue à l'oral (128e). Il passe au lycée Louis le Grand et, en 1939, il est admissible à l'Ecole Polytechnique, mais échoue à l'oral. Il est reçu à l'Ecole Navale (64e/195) avec les notes suivantes :

 

 - Algèbre : 13 x 16 = 208

- Géométrie-Mécanique : 12,5 x 16 = 200

- Physique : 17,5 x 11 = 192,5

- Histoire : 17 x 8 = 136

- Géographie : 17 x 8 = 136

- Anglais : 13 x 6 = 78

 

Il arrive à Brest le 28 septembre 1939.

 

Il a écrit et illustré les souvenirs de ses huit années passées dans la Marine. Ils sont consultables à partir de la Bibilothèque.

 

Ancienne Ecole Navale à Brest
Eric Gille élève de l'Ecole Navale (1939), source archives familiales

Après son départ de la Marine, le 22 octobre 1947, il rejoint son père dans le Bureau d'Etudes que celui-ci a créé, l'Omnium d'Etudes pour la France et l'Etranger, SARL au capital de 1.000.000 F. Pour parfaire sa formation, il suit en auditeur libre, de 1947 à 1949, les cours de l'Ecole du Génie Maritime où son père a enseigné.

Au début du mois d'août 1948, il se fiance avec                        , fille de Jean et Antoinette Ruprich-Robert, dont ses parents avaient fait la connaissance à la fin de 1939, à l'Etablissement de la Marine de Guérigny (Nièvre) où Paul Gille et Jean Pinet avaient été affectés après leur mobilisation. Paradoxalement, les fiancés ont été les derniers membres des familles Gille et Pinet à faire connaissance. Le mariage a lieu, le 14 octobre 1948, à Paris VIe. La cérémonie religieuse est célébrée à l'église Notre-Dame des Champs.  Ils font un voyage de noces sur la Côte d'Azur.

Mariage d'Eric Gille avec Odile Pinet, 14 octobre 1948, source archives familiales

Carrière professionnelle

 

1948-1961 : Gérant de  l'Omnium d'Etudes pour la France et l'Etranger, SARL, 39 Rue Scheffer, Paris XVIe

Etudes de matériel de dragage, baliseurs, bateaux de travaux, bateaux(feux, vedettes et chaloupes de travaux en bois, bateaux de passagers et bacs, engins de porte, navires de commerce, bateaux de pêche ; surveillance des constructions et essais.

 

1953-1962 : Gérant de la Société pour l'Equipement et la Construction Maritime (SECOMA), SARL, 39 Rue Scheffer, Paris XVIe, RC Seine 370.944 B, capital 10 000 F

Représentation en France de firmes hollandaises d'équipements maritimes.

 

Par la suite, il travaille comme salarié pour les entreprises suivantes :

 

01/01/1962-31/12/1971 : Bureau International de Prestations Techniques (BIPT), 29 Rue de Miromesnil, Paris VIIIe

Ingénieur adjoint au Directeur Technique (1962-1968), Directeur Technique (1969-1971) ; études de navires de tous types (pétroliers, minéraliers, charbonniers, transports de gaz liquéfié, de soufre, remorqueurs, bateaux de pêche, chalands, paquebots, car-ferries etc.) ; surveillance des constructions et essais.

 

01/01/1972-04/02/1974 : Equipements Mécaniques et Hydrauliques (EMH), 11 Rue des Petites Ecuries, Paris Xe

Ingénieur en chef du bureau d'Etudes Marines ; études et réalisations de structures métalliques offshore (poste d'amarrage, plateformes articulées, plateformes semi-submersibles) ; surveillance des constructions et essais.

 

11/02/1974-31/10/1980 : G.E.M. Hersent, 32 Avenue Hoche, Paris VIIIIe

Ingénieur en chef des Etudes ; études de montage et d'installations de plateformes offshore pour l'exploitation pétrolière en mer du Nord.

 

En 1981-1982, il est indemnisé par les ASSEDIC dans le cadre d'une pré-retraite.

 

A partir d 03/01/1983, il travaille en CDD à temps partiel pour le compte de la succursale de Riyadh de la société ATM (Assistance Technique Maritime) chargée par la Saudi Ports Authority de la supervison de la construction de deux bateaux de lutte contre le feu par un chantier naval hollandais. Cette mission de chef de projet l'amène à voyager Aux Pays-Bas et en Arabie Saoudite.

 

Eric Gille était membre de la Société des Arhitectes Navals, 55, Rue de Châteaudun, Paris IXe.

 

Parmi les nombreux navires sur les plans desquels il a travaillé on compte l'Enez Eussa II, navire de transport destiné au traffic Brest-Le Conquet-Molène-Ouessant, lancé en 1960 à Lorient et l'Enez Sun II destiné au traffic Audierne- Sein (photos-ci-dessous).

Eric Gille est décédé à Nantes, le 13 novembre 2002.

 

Paul GILLE (1884-1970)

 

Fils d'Adolphe et Anna Costard, il naît à Rennes, le 11 mars 1884. Polytechnicien (1905), Ingénieur du Génie Maritime (1907). En 1910-1911, il est responsable de la construction du cuirassier Jean Bart. Il est nommé au Service Technique du Ministère de la Marine et professeur à l'Ecole du Génie Maritime (cours de construction navale) et à l'Ecole Supérieure de la Marine. Pendant la guerre de 1914-18 il commande une compagnie du Génie Maritime qui construit de nombreux ponts. En 1917, il est conseiller technique auprès du Sous-secrétaire d'Etat à l'Aéronautique Militaire et Maritime, Jacques-Louis Dumesnil.

 

Il épouse                                             à Paris, le 11 mars 1918, jour de ses 34 ans.

 

Il démissionne de la Marine en 1919 et crée un bureau d'études (SOTRAFE). Il est à nouveau mobilisé en 1939, à l'usine de Guérigny. Il reprend ses activités d'ingénieur après la défaite de 1940 et les poursuit après la guerre. A la retraite, il se consacre à des études techniques portant essentiellement sur l’histoire de la Marine et de la construction navale. Elles ont fait l'objet de nombreuses publications. Il  est décédé le 8 mars 1970 à Ivry-sur-Seine.

 

Sa biographie détaillée est accessible par la Bibliothèque et le lien suivant :

Mariage de Paul Gille avec Germaine Duréault (1918), source archives familiales

Une série de dessins au crayons de Paul Gille ont été conservés. Ils ont été rassemblés dans un album accessible par le lien suivant :

 

Adolphe GILLE (1841-1926)

Fils d'Emile et Adèle Montembault, il naît à Saint-Hilaire-du-Harcouët, le 8 novembre 1841. Son père ne juge pas utile de lui faire suivre des études supérieures comme son frère aîné, Emile, prêtre, professeur de Philosophie et Directeur de Collège. Il continue donc la tradition familiale et suit son père dans l'horlogerie.

 

En formation chez Anthime Costard, il épouse sa fille                                à Rennes, le  15 septembre 1873.

 

Ils habitent successivement au 5 quai d'Orléans, jusqu'en 1883, 11 quai Chateaubriand (1884), rue St-Yves (1891), puis à nouveau 11 quai Chateaubriand (1894) et enfin au 26 Faubourg de Fougères, dans la maison qu'ils ont fait construire et qui existe toujours. Devenu horloger bijoutier en gros, il se retire des affaires vers cinquante ans et vit alors de ses rentes, provenant notamment de deux immeubles de rapport qu'il avait fait construire sur le Faubourg de Fougères en même temps que sa maison. Au mariage de Paul (1918), il est administrateur de la Banque de France à Rennes.

 

Il est décédé à Rennes, le 15 avril 1926.

Maison Gille, boulevard de Fougères à Rennes, source archives familiales

Emile GILLE (1815-1891)

Fils de Marin et Françoise (Fanny) Gatelier, il naît à Fougères, le 19 février 1815. Il rencontre son épouse à Saint-Hilaire-du-Harcouët où il est probablement employé dans l'horlogerie de sa future belle-mère. Il épouse                                         à Saint-Hilaire, le 19 juin 1837. Ils vivent Grande Rue, chez la mère d'Adèle C'est là que naissent ses premiers enfants, en particulier Adolphe. Ils déménagent vers Rennes entre 1847 et 1852.


En 1867, au décès de sa mère, il demeure Place Sainte Anne à Rennes. Au mariage d'Augustin (1876), il est rentier à Rennes. A son décès, le 25 janvier 1891, il habite 11 Faubourg de Fougères.


Son petit-fils Emile en a fait la description suivante : " Quand il se trouvait en bonne compagnie, il savait tenir le rôle de l'homme de bonne éducation. Mais il pratiquait trop le café, le billard et les camarades. Bien des fois sa femme fut obligée de se mettre à l'établi pour réparer des montres réclamées par des clients et négligées par son mari. "

Emile Gille, source archives familiales

Marin GILLE (1781-1867)

Fils de Clément, horloger, et Bonne Reine David, il naît à Dieppe, le 28 août 1788. Sa famille quitte Dieppe pour s'établir en Bretagne. Elle est à Dinan, en 1807. Lui-même habite Rue de la Monnaie à Rennes lorsqu'il y épouse                                       le 13 mai 1812. Ils ont neuf filles et cinq fils mais seuls deux des fils auront une postérité. Aucune des filles ne se mariera.

 

Ils vivent ensuite à Fougères, rue Royale (1814 à 1820), à Quimper (1821 à 1833), d'abord rue Kéréon, puis rue Sainte-Catherine, à Plancoët, Côtes d'Armor en 1837 avant de revenir à Rennes où il meurt, 91 Rue de Nantes, le 24 juillet 1867.

Pendule squelette Gille, source X Gille

Portrait par son arrière-petit-fils Emile : « Distingué de sa personne et affichant de nobles sentiments, il joue au seigneur et se glisse dans un monde supérieur au sien. Ses enfants l'auront en grande admiration. Comme il travaille fort peu et ne s'occupe guère de son intérieur, sa femme assure seule la charge de famille, aidée financièrement par une tante maternelle, Clémentine, qui dispose d'une rente de 12 000 F par an, jolie fortune pour l'époque. »

 

L'auteur du portrait de Marin au crayon n'est pas connu.

 

C'est le seul membre de cette lignée d'horlogers dont une des créations soit parvenue jusqu'à nous, sous la forme d'une pendule "squelette", signée Gille à Quimper, et donc fabriquée vers 1825-30. Elle a été réparée et fonctionne parfaitement.

Pendule squelette Gille détail, source X Gille

Clément III GILLE (1758-1827)

Fils de Clément, horloger, et Marie Marthe Simon, il est le dernier de la lignée à naître à Dieppe, Rue Belle Vêtue, le 13 août 1758. Il épouse, vers 1779,                             . Leur acte de mariage n'a pas été trouvé. Il est lui aussi horloger.

 

Leur premier fils, Clément, naît à Aumale, près de Dieppe, en 1780, le second, Marin, à Dieppe, l'année suivante, en l'absence de son père. On perd ensuite la trace de la famille jusqu'en 1805, date du mariage de Clément fils à Dinan où il a huit filles et quatre garçons et une nombreuse postérité.

 

Les circonstances qui ont poussé la famille Gille à quitter Dieppe pour la Bretagne restent mystérieuses. Peut-être sont-elles liées aux troubles révolutionnaires ? Puis Clément et son épouse résident à Fontainebleau, au moins à parir de 1812. C'est là qu'il meurt, le 13 juillet 1827.
 

Clément II GILLE (1723-1778)

Fils de Clément, horloger, et Véronique Lecointe, il nait à Dieppe, le 26 novembre 1723, et est baptisé le même jour à l'église Saint Rémy. Horloger Rue Farinette, il épouse dans cette même église                               , le 21 avril 1750. Ils vivent ensuite rue Belle Vêtue sur la paroisse Saint-Jacques, rue du Cul-de-Sac (1756), rue Piquety (1759) et rue Oranger (1764). De ce mariage sont nés neuf garçons et quatre filles. Seuls trois fils, tous horlogers, ont été mariés. Notre Clément est le troisième. Il meurt Rue Belle Vêtue, le 21 octobre 1778.

Clément I GILLE (1700-1753)

Fils de Pierre et Marie Bethsabée Falaize, il nait à Dieppe, le 22 novembre 1700, et est baptisé le lendemain paroisse Saint Jacques. Horloger, il épouse paroisse Saint Rémy                                      , le 20 janvier 1722. Ils ont quatre fils et trois filles, tous baptisés paroisse Saint Rémy. Seuls deux fils, horlogers comme leur père, et une fille se marient. Clément décède Rue Belle Vêtue, le 22 avril 1753.

Pierre GILLE (~1669-1736)

Le premier acte connu relatif à la famille Gille est l'acte mariage de Pierre, né vers 1669, avec Marie Falaize, à Dieppe Saint Jacques, le 17 avril 1694.

« Pierre Gilles et Marie Falaize se sont fiancés

Nous Nicolas Jean pbre. et vicaire de St Jacques avons procede au mariage de Pierre Gilles aage de vingt quatre ans et de Marie Falaize aagee de vingt ans tous deux de cette paroisse en presence de Jacques Gilles et de Martin Pliette d’une part et d’Elisabeth Jourdain mere de la ditte Falaize et de Henry Langlois et autres

signé : Pierre Gille, Marie Fallaize, Henry Langlois, Elizabeth Jourdain, Jacques Gilles, Pluyette. »

Le fait qu’ils soient dits paroissiens de St-Jacques signifient qu’ils y habitent à ce moment mais pas nécessairement qu’ils y sont nés. La filiation de Pierre n’est pas précisée, la filiation paternelle de Marie non plus, ce qui laisse supposer que les parents de Pierre et le père de Marie sont morts. Le lien de parenté du Jacques Gille témoin avec Pierre n’est pas précisé. Il s’agit vraisemblablement d’un parent, peut-être un frère. On trouve diverses familles Gille et Falaize dans les registres de St-Jacques antérieurement à 1694, mais aucun acte de baptême pour les deux époux. On trouve bien le baptême d’une Elisabeth Jourdain à St-Jacques, le 16 octobre 1654, qui pourrait être celui de la mère de Marie, mais aucune trace d’un mariage.

 

A ce stade, on peut faire deux hypothèses : soit ils sont nés ailleurs, soit ils étaient protestants avant la Révocation. Les registres protestants ont disparu et il n’y a pas de trace d’abjurations dans les registres accessibles, aussi il sera impossible de le prouver. Rappelons qu’un quart de la population dieppoise était protestante et que le protestantisme était surtout répandu parmi l’élite bourgeoise éduquée à laquelle les horlogers appartenaient. Enfin, le second prénom de Marie est Bethsabée et les prénoms bibliques étaient souvent utilisés par les protestants. S'ils étaient protestants, ils se seraient convertis à la Révocation de l'Edit de Nantes (1685) car tous les actes connus les concernant sont catholiques.

 

Les deux époux signent, Pierre sans "s" et Marie avec deux "l".  Ces signatures témoignent d'un certain niveau d'éducation qui se transmettra aux générations suivantes, filles comprises.

Quatre mois après leur mariage, la ville est détruite par l’incendie allumé par le bombardement anglo-hollandais. Le couple se réfugie dans une autre ville, qui reste inconnue, où naît leur premier fils, Pierre. Ils reviennent assez rapidement à Dieppe, où ils ont onze autres enfants entre 1698 et 1713, tous baptisés à St-Jacques. Ces actes ne mentionnent ni le métier de Pierre ni son adresse. Les parrains et marraines sont des étrangers à la famille, ce qui laisse entendre que Pierre et Marie n’avaient pas de famille proche à Dieppe. Entre 1713 et 1717, ils déménagent pour la paroisse St-Rémy où nait leur dernier fils. Ils sont enterrés tous les deux à St-Rémy, lui le 27 mars 1736 et elle le  28 avril 1731.

 

La mère de Marie Falaize, Elisabeth Jourdain, pourrait être la fille de Pierre et Marie Postel, baptisée à St-Rémy, le 16 octobre 1654, mais en dehors du nom les éléments manquent pour en être assuré.

Ascendance patronymique de Paul Gille, source X Gille

DIEPPE

Au début des temps historiques, les trois rivières de l’Eaulne, la Béthune et la Varenne se réunissaient en un estuaire commun, pour former un vaste bassin situé entre deux coteaux s’étendant jusqu’à l’emplacement actuel de la commune d’Arques-la-Bataille (non loin de Dieppe). Les vikings utilisaient le lieu comme mouillage pour leurs bateaux et s’y installèrent de manière permanente dès le début du Xe siècle. Le nom de la ville est attesté depuis le XIe siècle. Son étymologie serait liée au vieux norrois djupr ou au saxon deop signifiant profond.

 

Au milieu du XIème siècle, des pêcheries existent déjà dans ce bassin, et des salines installées à proximité seront longtemps exploitées. D’abord petit port de pêche, la ville se développe après la conquête de l’Angleterre. En 1195, elle est rasée par Philippe Auguste. En 1197, Richard Cœur de Lion en fait don à l’archevêque de Rouen. En 1204, elle est annexée au royaume de France. La pêche au hareng donne dès le Moyen Age une grande prospérité à toute la côte. Vers l’an 1300, Dieppe approvisionne Paris en poisson frais par un service régulier de voitures qui sera ensuite connu sous le nom de « chasse-marée ».

 

Les Anglais l’occupent, en 1420, après leur victoire à Azincourt. Elle est reprise par le capitaine Charles Desmarets, en 1435. Il la dote d’un château et de fortifications. Les Anglais l’assiègent à partir du Pollet, en 1435, mais la ville résiste grâce aux renforts amenés par Jean de Dunois et le dauphin Louis. Ce dernier, devenu le roi Louis XI, par lettre patente de 1463, apporte son soutien aux réparations des fortifications.

Les rois Charles VIII et Louis XII accordent à Dieppe une protection particulière qui permet à la ville de s’enrichir par le commerce et la navigation. Les dieppois explorent les Canaries et les côtes d’Afrique où ils fondent le Petit-Dieppe à l’embouchure de la Gambie. La puissance de la ville atteint son apogée sous François Ier avec Jean Angot (1480-1551) dont les navires atteignent Sumatra, le Brésil, et le Canada. Son capitaine, Giovanni da Verrazano explore la côte américaine entre Terre Neuve et la Floride. Le roi visite la ville, en 1534, et le fait vicomte et gouverneur. La ville, avec ses 40 000 habitants (30 000 aujourd’hui) est le premier port de France.

 

Le protestantisme apparaît en 1537 et, en 1562, un quart des habitants sont convertis. Ils sont réprimés par le gouverneur de Sygogne. En 1589, le gouverneur, Aymar de Chaste est un fidèle d’Henri IV qui emporte la victoire à Arques, près de Dieppe. Le 23 juillet 1632, plus de 300 personnes partent vers la Nouvelle-France. En août 1668, une épidémie de peste frappe la ville et fait 9 à 10 000 victimes dans les premiers mois. Elle ne s’arrête qu’à l’hiver 1670.  A la révocation de l’Edit de Nantes (1685), plus de 3 000 habitants émigrent.

 

Au cours de la guerre de la Ligue d’Augsbourg, une flotte anglo-hollandaise bombarde la ville, le 22 juillet 1694. La ville, dont les maisons sont presque toutes en bois, brûle presque complètement. Seuls le château, la porte de la barre et les deux églises, Saint-Rémi et Saint-Jacques sont préservés. Les travaux de reconstruction, sur les plans de l’architecte de Ventabren, ne s’achèvent qu’en 1720. Du fait de cette lenteur, de nombreux bourgeois, commerçants, marins et ouvriers partent s’établir dans d’autres ports entraînant le déclin de la ville.

En dépit de son importante population, la ville proprement dite ne comptait que deux paroisses Saint-Jacques et Saint-Rémy. L’église Saint-Jacques, commencée au XIIe siècle, a été profondément modifiée à la fin du gothique et au début de la Renaissance. De la première église Saint-Rémy du XIIIe siècle ne subsiste que la tour. La première pierre de l’église actuelle fut posée en 1522. La façade est achevée en 1630.

 

Les registres paroissiaux de Saint-Jacques débutent en 1599, ceux de Saint Rémy en 1547 mais sont lacunaires entre 1586 et 1614.

 

Sur la rive droite de l’Arques, en face de Dieppe, se trouve le Pollet, quartier de marins. L’ancienne église, Notre Dame des Grèves, commencée au XIe siècle, a été remplacée au XIXe par une église moderne. Les registres du Pollet débutent en 1548, mais sont lacunaires pour les périodes 1605-1633 et 1650-1670.

Les rues où ont habité les membres de la famille n'existent plus. Il existe encore un espace de la Belle Vestue qui permet de savoir où se trouvait le rue du même nom, entre l'église St-Jacques et le pont vers le Pollet.

 
 
 

Véronique LECOINTE (1701- ?)

 

Véronique Lecointe, fille de Pierre et Judith Leballeur, nait à Dieppe le 25 décembre 1701 et est baptisée le lendemain à St-Jacques. Elle épouse Clément I Gille à St-Rémy, le 20 janvier 1722.

 

Pierre Lecointe, fils de Guillaume et de sa première épouse, Françoise Follin, est né dans une paroisse qui n'a pas été identifiée, vers 1675. Il épouse à Dieppe St-Rémy, Judith Leballeur, le 24 novembre 1700. Il meurt prématurément le 14 juin 1701 et est enterré le lendemain à St-Jacques. Véronique est donc le seul enfant du couple.

 

Guillaume Lecointe, bourgeois de Dieppe, veuf de Françoise Follin, s'est remarié à St-Jacques avec Catherine Yvart, le 16 janvier 1690, veuve de Robert Juvin. Ce même jour, François Lecointe, fils aîné de Guillaume, épouse Marguerite Juvin, fille de Robert et Catherine Yvart, qui devient ainsi sa belle-mère à double titre.

 

Le mariage de Guillaume avec Françoise Follin et les baptêmes de leurs enfants n'ont pas été trouvés. En revanche, Louis, frère cadet de Guillaume, résidait déjà à Dieppe St-Jacques en 1668 (baptême de son fils Jacques). Le nom des parents de Guillaume et Louis n'a pas été trouvé.

 

A cette époque, les registres ne précisent pas les professions. Au baptême de Véronique Lecointe, son parrain est son oncle François dit "Maître" ce qui indique une appartenance à la bourgeoisie mais pas nécessairement à une profession juridique. Notons aussi que les Lecointe signent, y compris Véronique et ainsi que sa mère.

Judith LE BALLEUR (~1675 - > 1732)

 

Judith Le Balleur, née vers 1675, est la fille Claude et Anne Desenne, protestants. Judith abjure à Offranville, le 22 juillet 1695. On trouve dans un compte de régie de la ville et généralité de Paris, en 1722, à la page 498 de Révocation de l'Edit de Nantes à Paris, la mention de la saisie d'une rente "Claude Le Balleur et De Sène". Ce sont très vraisemblablement les parents de Judith. Après la mort de son mari, Judith se remarie avec Eutrope Deué. On ne trouve pas de trace de ce mariage ou de baptêmes d'éventuels enfants dans les registres de Dieppe.

 

Les Le Balleur étant protestants, il est vraisemblable que les Lecointe l'étaient aussi, ce qui renforce l'hypothèse faite sur les premiers Gille. Ils se seraient convertis à la Révocation de l'Edit de Nantes (1685).

 

Le Temple de Dieppe était situé au carrefour des chemins de Saint-Nicolas, de Caude-Côte et des Fontaines. La toponymie actuelle en conserve le souvenir au Chemin du Prêche. Il avait remplaçé le temple précédent détruit par une tempête en 1606 et fut en service jusqu'au 28 juin 1685, date de sa fermeture par décision de justice, puis la Révocation de l'Édit de Nantes entraînera sa démolition.

Armes de la famille Le Balleur, source X Gille

Nicolas Le Balleur, premier échevin de Dieppe, capitaine d'une compagnie de bourgeois, ambassadeur en Angleterre est anobli par le roi Henri IV, en 1589. Ecuyer, Seigneur de Boscherville, il portait les armes suivantes : d'azur au chevron d'or accompagné en chef de deux étoiles d'argent (alias d'or, Charles d'Hozier) et d'une molette du même en pointe. On lui connaît un fils, Pierre. Un Claude l'ancien, protestant, est cité en 1596 et 1608. Il pourrait s'agir de l'ancêtre de Judith.

Ascendance de Judith Le Balleur, source X Gille

La famille Mel, marchands et armateurs dieppois, aurait été fondée par un écossais qui obtint ses lettres de naturalités en 1558. Elle était donc sans doute protestante dès l’origine. En 1600-1601, Michel Mel, Ancien de l’église, écuyer et sieur d’Estrimont, loue à la communauté un terrain au faubourg de la Barre pour y établir un Temple. Ce projet reçoit l’aval du roi par un arrêt de 17 avril 1601. Le temple s’effondre lors d’une tempête, vers 9 heures du matin, le 27 mars 1606, alors que les fidèles sont rassemblés ensevelissant 80 personnes, dont 32 trouvèrent la mort, notamment Michel Mel. C’est la première mention d’E(s)trimont, lieu-dit de Bailly-en-Rivière, à 18 km à l’est de Dieppe. Ce Michel semble être le père du Michel qui figure dans l'arbre ci-dessus.

Armes (d'Hozier) : Parti de gueules et d'argent à un écusson aussi parti de l'un dans l'autre, accompagné de huit coquilles, 3 en chef, 2 aux flancs et 3 en pointe, le tout de l'un dans l'autre

Armoiries de la famille Mel, source X Gille

Jacques Desenne, grand père maternel de Judith Le Balleur, était commandant de navire. Ayant porté assistance à divers navires anglais au cours de ses voyages dans la mer des Antilles, il obtint, en février 1653, une licence du Conseil d'État du Commonwealth pour commercer avec la partie anglaise de l'île Saint-Christophe. En février 1656, il reçut une seconde licence pour commercer avec la Jamaïque, récemment prise aux Espagnols. Peu de temps après, il appareillait de Dieppe, d'abord à destination des Petites Antilles françaises. En juillet, il se trouvait dans le port jamaïquain de Cagway. En octobre 1657, étant en Angleterre, il sollicita le renouvellement de sa licence afin de pouvoir commercer sans interruption avec la Jamaïque, ce qui lui fut accordé le même mois. En décembre, il était à Dieppe où il recruta des engagés pour Saint-Domingue en prévision d'un autre voyage en Amérique. En mai 1659, à la Jamaïque, il acheta pour 400 £ le navire flessinguais De Nieuw Tuin, capturé par le capitaine John Lloyd, commandant du The Diamond. Fin septembre, il appareillait de Cagway, avec le Nieuw Tuin qu'il avait rebaptisé La Bonaventure. Ce bateau était certainement une flûte hollandaise navire marchand armé typique de la moitié du XVIIe siècle.

Pour plus de détails sur ces familles protestantes de Dieppe, consultez la notice suivante :

 

Marie Marthe SIMON (1728-1809)

 

Marie Marthe Simon, fille de Jacques et Marie Ansel, naît à Dieppe le 7 octobre 1728 et est baptisée le lendemain à St-Rémy. Elle est dentellière. Elle épouse Clément II Gille à St-Rémy, le 21 avril 1750. Elle meurt 1 Rue du Cul-de-Sac à Dieppe, le 19 janvier 1809.

L'ascendance paternelle de Marie Marthe se trouve à Ricarville-du-Val, village situé dans la vallée de la Béthune à 18 km au SE de Dieppe. Jacques, fils de Jacques et Marguerite Haudue, y naît le 31 juillet 1697. Cabaretier et bourrelier, il est le premier de la lignée à s'établir à Dieppe où il épouse en premières noces Adrienne Leroy à St-Rémy, le 5 novembre 1725. Elle meurt le 26 septembre 1727, dix jours après avoir accouché d'une fille baptisée Marguerite. Jacques se remarie avec Marie Ansel à St-Rémy, le 18 novembre suivant. Les remariages étaient souvent très rapides à cette époque. Ils ont une fille, Marie Marthe, et un fils, Pierre Jacques, avant le décès prématuré de Jacques, le 19 novembre 1730. Il est enterré le même jour à St-Rémy.

Jacques Simon père, fils de Jean et Marguerite Patin, naît à Ricarville-du-Val, vers 1673. Il est "laboureur" et signe les actes. Il épouse en premières noces Marguerite Haudu(e), le 5 mars 1696. Ils n'ont que trois enfants. Elle meurt, le 17 janvier 1713, et il se remarie avec Catherine Prévôt, le 19 juin suivant, dont il a également trois enfants. Il meurt à Ricarville-du-Val, le 6 mars 1748.

 

Jean Simon naît vers 1638 et meurt à Ricarville-du-Val, le 27 février 1698.

L'ascendance maternelle de Marie Marthe Simon se trouve à Neuville-lès-Dieppe, paroisse voisine de Dieppe, de l'autre côté de l'Arques, près du Pollet. Sa mère, Marie Marthe Ansel naît à Neuville,  le 3 mai 1688. Elle signe.

Michel Ansel, fils de Jean et Jeanne Mouchy, naît à Neuville, vers 1646. Sa profession n'est pas connue. Il épouse en premières noces Marie Térin à Dieppe St-Jacques, le 29 janvier 1698. Ils ont deux fils. Il se remarie à Neuville avec Marie Réchet, fille de Vincent et Marie Piedroy, le 9 août 1676. Ils ont huit filles et deux fils. Ni Michel ni ses épouses ne signent mais sa fille Marie Ansel signe. Michel meurt à Neuville, le 19 juin 1706. Marie Réchet meurt à Neuville, le 17 janvier 1742.

 

Jean Ansel naît vers 1602 et meurt à Neuville, le 13 octobre 1680.

Ascendance de Marie Marthe Simon, source X Gille
 

Bonne DAVID (1757- ?)

 

Bonne Reine David, dernière fille de Simon et Suzanne Lecoup, naît au Pollet, le 11 août 1757 et est baptisée deux jours après à Notre-Dame-des-Grèves. Elle épouse vers 1779 Clément III Gille. Elle meurt après son mari. Son acte de décès n'a pas été trouvé.

L'ascendance paternelle de Bonne se trouve au Pollet, sur l'autre rive de l'Arques. Son père, Simon, boucher au Pollet, naît vers 1720. Il épouse en premières noces à Neuville Marie Madeleine Lemitre, le 18 février 1744. Ils ont un fils l'année suivante et Marie Madeleine meurt peu après l'accouchement. Il se remarie à Dieppe St-Rémy avec Suzanne Lecoup, le 14 juin 1745. Ils habitent Grande Rue, au Pollet, et leurs huit enfants sont baptisés à Notre-Dame-des-Grèves. Suzanne meurt le 14 août 1757, trois jours après la naissance de Bonne. Simon épouse en troisièmes noces à Dieppe St-Jacques Marie Asseline, le 15 septembre suivant, 31 jours après le décès de Suzanne !

Nicolas David, père de Simon, naît au Pollet le 5 avril 1682. Il épouse à Dieppe, St-Rémy, Marguerite Colignon, fille de Jacques et Geneviève Duchâteau, le 12 juillet 1711. Ils sont tous deux illettrés. Curieusement, les baptêmes de leurs enfants, sauf un, n'ont pas été trouvés à Neuville-Le Pollet.

 

Les parents de Nicolas, Jean, fils de Jean et d'une épouse inconnue, et Catherine Dessault/Dessaux, fille de Thomas et Laurence Denis, se marient au Pollet, le 16 octobre 1676. Ils ont huit fils et deux filles. Jean David signe.

Ascendance paternelle de Bonne David, source X Gille

L'ascendance maternelle de Bonne se trouve à Etalondes, près du Tréport. Suzanne Lecoup, fille de Jacques et Marie Aden y naît le 19 septembre 1716. Elle est la dernière des six enfants du couple. Elle signe.

 

Jacques, fils de Roch et Jeanne Lambard, naît à Etalondes, le 17 août 1668. Maçon, il épouse à Etalondes Marie Aden fille de Jean et Catherine Dolique, le 22 octobre 1710. Il meurt à Etalondes, le 6 avril 1716. Marie Aden y meurt, le 17 mai 1720. Les hommes Lecoup et Aden signent.

Ici s'achève la partie relative à la branche de Haute-Normandie de la famille Gille.

Ascendance maternelle de Bonne David, source X Gille
 
 

BRANCHE GATELIER (Paris)

 

Françoise GATELIER (1788-1867)

 

Ce patronyme est parfois écrit avec deux "t" ou deux"l".

 

Françoise, fille de Martin et Françoise Lecourt, nait à Saint-Malo, le 11 octobre 1788.  Elle épouse                        à Rennes, le 13 mai 1812. Elle y meurt le 13 mars 1867.

Martin Gatelier (1752-1811)

 

Fils de Jean Baptiste et Jeanne Desormes, il naît à Tours, le 24 juin 1752, et est baptisé le lendemain à St-Clément.

 

Le 15 novembre 1778, un Martin Gatelier "de France" épouse à Providence, Rhode Island, dans ce qui est encore une colonie anglaise, Susannah Lancashe. Le mariage est célébré à la Congregational Church "on the West Side of the River". Il n'est pas certain que ce soit notre Martin  mais c'est probable. On ne sait rien de plus sur Susannah et d'éventuels enfants.

Le 1er avril 1780, Martin Gatelier rejoint le Régiment de Saintonge (85e Régiment d'Infanterie de Ligne), un des quatre régiments placés sous le commandement du comte de Rochambeau pour soutenir les insurgés américains. Le régiment est commandé par le colonel Adam-Philippe, comte de Custine. L'embarquement à lieu à Brest, en mai, et le débarquement, à Newport, en août. Le régiment passe l'hiver à Providence. L'histoire ne dit pas si Martin y retrouve son épouse Susannah. Le 21 juin 1781, il fait route vers le Sud et arrive en face du camp anglais de Yorktown à la fin du mois de septembre. Il se distingue lors de la fameuse bataille de Yorktown (28 septembre-19 octobre) qui se termine par la reddition de Lord Cornwallis, décisive pour la victoire finale des insurgés. 

Le régiment passe l'hiver à Yorktown avant de revenir à Providence en novembre 1782. Le mois suivant, il embarque à Boston en direction des Antilles Françaises et revient à Brest en juillet 1783. Martin est finalement libéré de ses obligations militaires, le 14 décembre 1783.

 

Adam Philippe de Custine (1742-1793)
Uniforme du régiment de Saintonge
Bataille de Yorktown (1781)
Drapeau d'ordonnance du régiment de Saintonge
Employé des Fermes du Roi

Martin trouve un emploi dans "les Fermes du Roi", compagnies privées qui prenaient en bail la levée de l’impôt. Ils versaient au roi une somme forfaitaire et percevaient ensuite pour leur compte l’impôt royal dans toute l’étendue du royaume. L’institution de la Ferme Générale fut mise en place par Colbert en 1681, avec regroupement de plusieurs impôts royaux : aides, gabelles, domaines, traites et entrées. Par la suite, elle fut étendue aux poudres et aux tabacs. En 1774, le bail de La Ferme Générale assurait 152 millions de livres de recettes à l’État et comptait 87 “fermiers généraux”. Pour assurer la levée de l’impôt auprès des français ils étaient amenés à recruter de nombreux employés, aussi dénommés collecteurs. Ces employés étaient armés ce qui explique l'emploi d'anciens militaires comme Martin. Comme il était basé à Saint-Malo, on peut penser qu'il y faisait fonction de douanier.

 

On ne sait si son épouse américaine était décédée ou s'il en avait divorcé lorsqu'il épouse à Saint-Malo Françoise Lecourt, le 10 janvier 1785. Leurs deux fils et trois filles aînés naissent à Saint-Malo. La Révolution lui fait perdre son emploi et on le retrouve à Rennes comme aubergiste (1794) puis instituteur (1798), où naissent leurs deux dernières filles. Martin meurt à Saint-Malo, le 31 juillet 1811, il est dit "écrivain".

Jean Baptiste Gatelier, fils de Pierre et Marie Biseray, naît à Paris, paroisse St-Nicolas-des-Champs. Médecin, il épouse à Toul                                , le 13 janvier 1748. Ils ont un premier fils, Jean Baptiste, en 1749 à Metz. Martin naît en 1752 à Tours, puis on perd leur trace. Jean Baptiste père est mort avant 1785, mais on ne sait pas où.

Pierre Gatelier et Marie Biseray se sont mariés par contrat du 9 août 1707 à Paris devant Me Auger.

 

Comme pour la plupart des familles parisiennes, les recherches sont bloquées du fait de la destruction de l'état civil et des registres paroissiaux lors des soubresauts révolutionnaires du XIXe siècle.

 

RAMEAU DESORMES (Auvergne)

 

Jeanne DESORMES (1726-1814)

 

Fille de Jean et Sébastienne Gérard, elle naît à Toul, le 30 avril 1726. Elle y épouse Jean Gatelier, le 13 janvier 1748. Elle meurt à Rennes, le 13 mars 1814.

Jean Desormes (1698-1758)

 

Fils de Mathieu et Anne Philibert, il naît à Toul, le 28 août 1698. Il y épouse Sébastienne Gérard, le 22 juillet 1721. Ni l'un ni l'autre ne signent mais Jean apprendra plus tard à le faire. Il est d'abord manouvrier, puis charpentier, puis tireur (marchand ?) de vin. Le couple à six fils, dont cinq meurent en bas âge, et trois filles. Jean meurt à Toul, le 6 décembre 1758.

Mathieu Desormes (~1650-1723)

 

Fils de Jean, il naît à St-Flour (Auvergne), au village de Lacoste, vers 1650 (pas de registre). Il s'établit à Toul vers 1681 et y épouse Anne Philibert, le 8 février 1684. Il est illettré, maître charpentier et scieur de planches. Ils ont six fils et trois filles. Il meurt à Toul, le 13 janvier 1723.

Signature de Jeanne Desorme, source archives départementales

RAMEAUX GERARD & PHILIBERT

(Lorraine)

 

Sébastienne GERARD (1701-1782)

 

Fille de Claude et Mansuette Chenot, elle naît à Toul, le 6 septembre 1701. Elle y épouse Jean Desormes, le 22 juillet 1721, et y meurt le 19 novembre 1782.

Claude Gérard (1671- ?)

 

Fils de Claude et Barbe Manoncourt, il naît à Toul, le 12 août 1671. Il y épouse Mansuette Chenot, fille de Jean, tailleur, et Marie Vallot, veuve de Humbert Boulanger (épousé à Toul, le 25 novembre 1687, dont postérité), le 19 septembre 1695. Il est vigneron puis manouvrier. Ils ont au moins un fils et cinq filles.

Signature de Claude Gérard, source archives départementales

Claude Gérard (1643-1711)

Fils de Laurent et Pacquotte Hutin, il naît à Toul, le 19 avril 1643. Il épouse Barbe Manoncourt, fille de Laurent et Marguerite Masson, vers 1667. Ils ont six filles et huit fils, dont seul Claude, semble-t-il, soit arrivé à l'âge adulte. Claude est d'abord vigneron et en même temps marchand tireur d'armes (maître d'armes). En 1690, il est sergent au régiment de Boufflers (infanterie), créé en octobre 1688. Louis François, duc de Boufflers, brigadier de dragons, le 12 mars 1675, maréchal de camp, le 25 février 1677, lieutenant général, le 15 octobre 1681, maréchal de France, le 27 mars, 1693.

Louis François de Boufflers par H. Rigau

Anne PHILIBERT (~1661-1731)

 

Fille de Philibert, maître charpentier, et de Marguerite Chardot, elle naît vers 1661. Elle épouse Mathieu Desormes, vraisemblablement employé de son père, à Toul, le 8 février 1684. Elle y meurt le 29 mai 1731.

RAMEAU LECOURT (Artois)

 

Françoise LECOURT (1757-1841)

 

Fille de Ferdinand et de Marie Dolé, elle naît à Rothéneuf (Bretagne), le 7 mai 1757. Elle épouse Martin Gatelier à St-Malo, le 10 janvier 1785. Elle y meurt le 27 décembre 1841.

Ferdinand Lecourt (1716-1786)

Fils de Pierre et de Marie Anne de Bailleul, il naît à Bucquoy (Artois), le 20 août 1716. Il épouse Barbe Dollé à St-Servan, le 20 août 1748. Outre deux enfants morts à la naissance, ils quatre fils et quatre filles. Il est employé des fermes du Roi. Les  fermes étaient chargées du recouvrement des impôts et taxes. Il était probablement "douanier". En effet, après leur mariage, ils vivent sur la côte, d'abord à St-Cast avant de s'installer à Rothéneuf vers 1750. Ils y demeurent au moins jusqu'en 1764. Par la suite, il vit à Saint-Malo jusqu'à sa mort.

Il est d'abord dit « écuyer sieur de(s) Fontaine(s) », titre que reprend plus tard son fils aîné, mais au mariage de Françoise, il est « écuyer seigneur de Billot ». Ce second titre sera porté par la suite par son deuxième fils. Les Fontaines et Billot sont peut-être des terres nobles situées en Artois. Il existe un Font (Fontaine ?) Billot près de Bucquoy et divers lieux-dits les Fontaines dans la région.
 

 


Pierre Lecourt/Decour (~1673-1735)

Sa paroisse d'origine, probablement située dans l'Artois, reste inconnue. Beaucoup de registres de cette région ont disparu lors des guerres du XVIIe siècle. On le trouve à Bucquoy, avec son épouse Marie Anne de Bailleul, à partir de 1712. Leurs cinq filles et trois fils y naissent. Son nom est alors généralement orthographié Decour. Il meurt à Bucquoy, le 19 août 1735.

Marie Anne de Bailleul (~1681-1770)

Née vers 1681, de Joseph et Thérèse Billaud, elle épouse en premières noces Jean Denis de Villars, capitaine au régiment de la Marche, donc probablement noble. Après son remariage avec Pierre Lecourt/Decour, elle vit à Bucquoy. En 1748, elle réside à Pas-en-Artois où elle est cabaretière avant de revenir à Bucquoy où elle meurt, le 2 mars 1770.

Joseph de Bailleul ( ? - 1718)

Il est bailli de Courrières mais semble avoir vécu à Hénin-Liétard, où seraient nés ses enfants (absence de registres). Il finit ses jours à Bucquoy, le 4 octobre 1718.

Signature de Ferdinand Lecourt, source archives départementales
Signature de Marie Anne de Bailleul, source Arcives départementales
 

RAMEAU DOLLE (Manche)

 

 

Barbe DOLLE (1725-1803)

 

Ce rameau est normand de la Manche, plus précisément de Villedieu, Villedieu-les-Poêles depuis 1962, et des environs. Le terroir appartenait à l'origine à l'abbaye aux Dames de Caen. La paroisse de Villedieu créée vers 1130, dépendait alors de  Saultchevreuil appelé Siennestre. Le lieu qui allait devenir Villa Dei fut alors donné par Henri Ier Beauclerc aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem qui administra longtemps la ville dont les habitants ne payaient pas d'impôts. C'est au XVIe siècle que des fondeurs venus de Lorraine s'installèrent à Villedieu, connue jusqu'à nos jour pour ses dinandiers et ses fondeurs de cloches.

Barbe, fille de Jean Baptiste et de Barbe André, naît à Villedieu, le 13 mars 1725. Elle épouse Ferdinand Fiquémont à Saint-Servan, le 20 août 1748. Elle meurt à Saint-Malo, le 7 thermidor an XI (26 juillet 1803).

Jean Baptiste Dollé (1694-1748/54)

Fils de Julien et Françoise Duval, il naît à Villedieu, le 21 décembre 1694. Il est fondeur, de cuivre ou de bronze, spécialité de la ville. Il y épouse Barbe André, le 2 décembre 1713. Ils ont six filles et six fils, dont neuf se marient ce qui est plutôt élevé pour l'époque. Il meurt entre 1748 et 1754.

Julien Dollé (1673-1709)

Fils de Jean et Nicole de Carolles, il naît à Villedieu, le 26 février 1673. Il épouse en premières noces à Saultchevreuil-du-Tronchet Perrine Ruelle, qui meurt le 6 janvier 1693 à Villedieu, vraisemblablement en couches. Il se remarie à Villedieu avec Françoise Duval, le 19 novembre 1693. Ils ont un fils et trois filles. Il meurt à Villedieu, le 5 novembre 1709.

Dinanderie de Villedieu, source internet
Signature de Jean Dollé, source Archives départementales
Signature de Julien Dollé, source Archives départementales

Jean Dollé

 

Fils de Jean et Claire Bigot, il naît à Sainte-Cécile, à trois kilomètres à l'est de Villedieu, dans les années 1640. il y épouse en juillet 1669 (attestation de bans par le curé de Villedieu le 6 juillet), Colasse de Carolles. On ne leur connait que deux fils et une fille. La date de son décès reste inconnue.

Jean Dollé (1610/15-1694)

Fils de Jean et Anne Besnières, il naît à Sainte-Cécile vers 1610-15. Il y épouse en premières noces, dans la première moitié des années 1640, Claire Bigot. Ils ont au moins trois fils et deux filles.  Il se remarie à Villedieu avec Marguerite Delépine, native de la Lande-d'Airou, le 15 mai 1664, et meurt à Villedieu, le 3 janvier 1694.

Jean Dollé

Natif de Sainte-Cécile, il y épouse Anne Besnières, fille de François et une Marguerite, entre 1610 et 1615. On leur connait quatre fils et cinq filles.

Ascendance patronymique de Barbe Dollé, source X Gille

Claire Bigot (1612-~1663)

Fille de Jean et Damienne Gâteblé, elle naît à Sainte-Cécile, le 18 juillet 1612.

Jean semble être fils de Pierre et Laurence Vimont. Il épouse Damienne Gâteblé  vers 1661. Elle s'était mariée en premières noces avec François de Carolles, dont elle avait eu deux filles.

 

Colasse de Carolles (1642/51-1700)

Probablement fille de Gilles et Colasse Bessin, elle naît à Sainte-Cécile entre 1643 et 1651. Elle meurt à Villedieu, le 2 avril 1700.

Gilles, né vers 1609/1614 est probablement le fils d'un autre Gilles et de Gillette Le Cellier, fille de René.  Marié avant 1633 avec Colasse Bessin, il en a au moins deux fils et trois filles.

Françoise Duval (1669-1708)

Fille de Julien et Gillette Coudray, elle naît à Villedieu le 9 juin 1669. Elle y meurt le 23 novembre 1708.

La paroisse d'origine de Julien Duval n'est pas connue. Ce n'est pas Villedieu. Né vers 1630, il épouse Gillette Coudray à Villedieu, le 19 novembre 1656. On leur connait trois fils et quatre filles.

Gillette Coudray (1633/38-1695)

Probablement fille de Jean et Philippine Le Beurier, elle naît à Villedieu vers 1635. Elle y meurt le 4 février 1695.

Jean Coudray est probablement le fils d'un autre Jean, fils de Jean, et d'une demoiselle Pâté, fille de Julien, et de Françoise Le Pallier.

Signature de Barbe Dollé, source Archives départementales

BRANCHE MONTEMBAULT (Orne)

 

 

Les origines de cette branche normande se trouvent dans un rayon de 20 km autour de Chanu dans l'Orne. La paroisse était partagée deux tiers-un tiers entre le prieuré dépendant de l'abbaye de la Belle-Etoile à Cerisy et les seigneurs de La Fresnaye, issus de puissantes familles normandes.

L'activité sidérurgique est attestée dès le début du XIIe siècle. Au milieu du XVe siècle les Briosne, Leprince et Chancerel de Chanu, sont férons. Ils produisent le fer à partir du minerai de Beaumont à Saint-Rémy-sur-Orne. Ce métier d'artisan qualifié est héréditaire, organisé et protégé. La production de fer exige une grande quantité de bois et place les férons sous la dépendance des propriétaires des forêts, les nobles. Avec l'invention
du haut-fourneau, la noblesse, seule capable d'investir les capitaux qu'elle exige, s'empare de la production du fer. Les férons vont alors se spécialiser dans la production de clous, adaptée au fer cassant des forges de Larchamp et d'Halouze. Les cloutiers perdent progressivement leur indépendance et deviennent ouvriers pour le compte de  marchands qui leur fournissent le fer. En 1723, la zone cloutière de Chanu et son centre de commerce Tinchebray sont connus dans tout le royaume. Au XIXe siècle, concurrencés par les pointes fines de l'Aigle, les cloutiers de Chanu se reconvertissent progressivement dans la serrurerie et la quincaillerie.

Région de Chanu (Orne)
Familles de Chanu depuis 1325, source Archives départementales

La carte ci-contre montre les hameaux de Chanu avec les familles qui les occupaient, auxquelles ils ont souvent donné leurs noms. On y retrouve une grande partie des familles de l'ascendance Montembault, lesquelles comptaient de nombreux cloutiers : Anger, Angérard, Aubrière, Briosne, Chancerel, Delarchamp, Hardouin, Havas, Hélie, Hergault, Jardin, Leprince, Planson.

Le métier de cloutier, source internet

Adèle MONTEMBAULT (1819-1897)

Fille de Jean Baptiste et de Jeanne Dâtin, elle naît à Saint-Hilaire-du-Harcouët, le 11 octobre 1819. Elle y épouse le jeune Emile Gille, apprenti horloger chez son père, le 19 juin 1836. Bien que domiciliée à Rennes, elle meurt à Saint-Quay-Portrieux, le 21 août 1897. Sur la photo ci-contre, elle ne paraît pas respirer la joie de vivre.

 

Jean Baptiste Montembault (1785-1835)

 

Fils et dernier enfant de Denis et Marie Hélie, il naît à Chanu le 21 avril 1785. Horloger, il épouse Jeanne Dâtin à Saint-Hilaire-du-Harcouët, le 9 novembre 1818. Ils ont une fille et un fils. Il meurt Grande Rue à St-Hilaire, le 1er décembre 1835. Toute son ascendance se trouve à Chanu et dans les environs.

Adèle Montembault, source archives familiales

Denis Montembault (1743-1808)

Fils de Jean et Madeleine Aubrière, il naît à Chanu, le 18 février 1743. Vraisemblablement cultivateur, il est lettré et dit Sieur de la Planche, sans doute un hameau disparu de Chanu.  Il épouse à Chanu Marie Hélie, le 16 juillet 1765. Ils ont trois fils et quatre filles. Il est propriétaire à Vaubaillon, hameau au nord-est de Chanu, à son décès, le 14 septembre 1808.

Jean Montembault (1717-1765)

Fils de Denis et Charlotte Hélie, il naît à Chanu le 26 mai 1717. Il épouse Madeleine Aubrière à Chanu, le 11 septembre 1736. Ils ont cinq fils et trois filles. Seuls deux de leurs fils, Denis, Sieur de la Planche, et Jean, Sieur de la Maçonnière, ont eu une postérité. Ces "titres", nullement aristocratiques, désignent des propriétaires terriens. Ces Montembault étaient donc des cultivateurs, propriétaires de leur terre et éduqués. Jean meurt à Chanu, le 15 octobre 1765.

 

Denis Montembault (1689/90-1742)

Fils de Jean et Noëlle Aubrière, il naît à Chanu vers 1689/90 (registre lacunaire). A son mariage avec Charlotte Hélie, le 24 novembre 1706, il est simple journalier mais il signe l'acte. On leur connaît trois filles et trois fils. Il meurt à Chanu, le 14 avril 1742.

Jean Montembault (1667-1739)

Fils aîné de Pierre et Anne Limodin, il naît à Chanu, le 14 janvier 1667. Il épouse Noëlle Aubrière, le 20 novembre 1687. Ils ont huit fils et cinq filles, mais seuls deux des fils ont eu une postérité. Il meurt à Chanu, le 27 juin 1739.

Pierre Montembault (1618- >1687)

Fils d'Olivier et Guillemine Leprince, il naît à Chanu, le 14 janvier 1618. Marchand ce qui peut signifier cultivateur, il épouse en premières noces Jeanne Briosne, le 1er mars 1642. On ne leur connaît qu'une fille et un fils. Veuf en janvier 1660, il se remarie, le 20 mai suivant avec Anne Limodin. Ils ont trois fils et quatre filles, dont cinq auront une postérité.

Olivier Montembault (~1585-1651)

Fils de Jean et d'une mère inconnue, il naît à Chanu vers 1585. Il épouse Guillemine Leprince, le 8 janvier 1611. On leur connaît huit filles et trois fils, dont sept auront une postérité, ce qui est une proportion élevée pour l'époque. Il meurt à Chanu, les Bissons, le 11 janvier 1651.

Signature de Denis Montembault, source Archives départementales
Signature de Jean Montembault, source Archives départementales
Ascendance patronymique d'Adèle Montembault, source X Gille

RAMEAU LEPRINCE (Orne)

 

La famille Leprince est présente à Chanu depuis au moins le XIVe siècle. C'est une famille de ferons et de cloutiers. Elle est composée de multiples branches, l'une d'elle ayant été anoblie sous le nom de de Princé.

 

Guillemine LEPRINCE (~1590-1661)

 

Fille de Denis, fils de Gilles, et de Françoise Leprince, fille de Jacques, elle naît à Chanu vers 1590. Elle épouse Olivier Montembault, le 8 janvier 1611 et meurt à Chanu, le 25 novembre 1661.

Nous allons retrouver la famille Leprince dans les autres familles alliées aux Montembault ci-dessous.

RAMEAU LIMODIN (Orne)

 

La présence de cette famille à Chanu est avérée dès 1440.

Anne LIMODIN (1630-1714)

Fille de Marin et de Marquise Guyot, elle naît à Chanu le 20 janvier 1630. Elle épouse en premières noces, Germain Leprince dont elle a trois filles et un fils. Veuve en septembre 1658 elle se remarie avec Pierre Montembault, le 20 mai 1660. Elle meurt à Chanu le 1er octobre 1714.

 

Marin Limodin (~1610-1677)

 

Peut-être fils de Simon et Guillemine Anger, il naît à Chanu vers 1610. Il épouse Marquise Guyot vers 1628-29. On leur connait deux fils et deux filles. Il meurt à Chanu le 30 janvier 1677.

RAMEAU AUBRIERE (Orne)

 

Il s'agit également d'une ancienne famille de cloutiers  de Chanu, où elle est connue dès 1418. Il existe un hameau l'Aubrière à Chanu et un autre dans la paroisse voisine de Landisacq. Les deux sont proches et situés entre les deux villages. Ils sont certainement à l'origine du patronyme de la famille.

Il y a deux alliances Montembault-Aubrière, Jean et Noëlle en 1687, et Jean et Madeleine en 1736. On trouve également dans l'ascendance Hélie (voir ci-dessous) un mariage de Denis Hélie avec Julienne Aubrière en 1634. Noëlle, Madeleine et Julienne sont des parentes éloignées.

Noëlle AUBRIERE (1669-1711)

Fille de Siméon et Judith Chancerel, elle naît à chanu le 28 avril 1669. Elle contracte mariage avec Jean Montembault le 20 octobre 1685. Elle apporte en dot : 500 £, dont 50£ le jour du mariage puis 50£ annuellement, et  "un lit garni de couette traversier, oreillers, castalogue (?), courtine et rideaux de toilles, deux habits l'un de vair de nopces avec un cotillon de dessous, et l'autre de sarge de laine, un manteau de drap de couleur et un capot au choix de ladite fille, deux vaches et une génisse, trente livres de vaisselle d'étain commun ouvré, un grand et ... coffre de bois de chesne fermant à clef et un trouceau à la discrétion de la mère de ladite fille" le tout livrés le jour des épousailles. Elle n'a que 16 ans aussi le mariage n'a lieu que deux ans plus tard, le 20 novembre 1687. Elle meurt à Chanu, le 4 avril 1711.

Siméon Aubrière (1637->1737)

Fils de Robert et Jeanne Delarchamp, il naît à Chanu, le 22 novembre 1637. Marchand, illettré, il épouse Judith Chancerel le 1er novembre 1661. On leur connaît quatre filles et un fils. Il est encore vivant en 1707.

 

Robert Aubrière (~1611-1669)

 

Fils de Guillaume et de Roberte Hélie, il naît à Chnau vers 1611. Il épouse Jeanne Delarchamp vers 1634. On leur connaît deux filles et trois fils. Il meurt à Chanu, le 20 avril 1669.

Avant de remonter plus haut, voyons l'ascendance de Madeleine.

 

Madeleine AUBRIERE (1716-1784)

 

Fille de François et Marie Hardouin, elle naît à Chanu, le 2 octobre 1716. Elle est issue d'une lignée de cloutiers, tous lettrés. Elle épouse Jean Montembault, le 11 septembre 1736. Elle meurt à Chanu, le 11 octobre 1784.

François Aubrière ( 1690-1740)

Fils aîné de Guillaume et Marie Caillebotte, il naît à Chanu vers 1690. Il épouse Marie Hardouin, le 14 octobre 1711. Ils ont au moins trois filles et un fils, mais seule Madeleine aura une postérité. François meurt à Chanu, le 22 avril 1740.

Guillaume Aubrière (1668-1713)

Fils de Jean et Michelle Havas, il naît à Chanu, le 14 novembre 1668. Il épouse Marie Caillebotte à Larchamp, le 4 juin 1689. Ils ont trois fils et six filles. Il meurt à Chanu, le 2 mai 1705.

Jean Aubrière (1644-1706)

Fils de Richard et de Guillemine Hubert, il naît à Chanu, le 11 septembre 1644. Il épouse en premières noces Michelle Havas, le 21 janvier 1668. Ils ont cinq fils et deux filles, dont cinq auront une postérité. Veuf en mars 1700, il se remarie avec Marie Chancerel, veuve de Gabriel Garnier, cloutier, le 10 octobre 1702. Jean meurt à Chanu, le 10 mai 1706.

Richard Aubrière (~1607-1672)

 

Il semble être le fils de Guillaume et de Roberte Hélie. Né vers 1605-10, il épouse Guillemine Hubert vers 1635. Ils ont au moins quatre filles et deux fils. Il meurt à Chanu, le 18 février 1672. Guillemine, fille de Gilles et Marquise Lecornu, est née à Chanu, le 25 septembre 1608 et y est morte, le 15 février 1672.

 

A ce niveau les deux rameaux se rejoignent :

 

Guillaume Aubrière

Peut-être fils d'un autre Guillaume et de Germaine Huet, il épouse vers 1590-95 Roberte Hélie, fille de Noël, fils de Julien, née à Chanu vers 1575.

Guillaume et Germaine Huet semblent avoir eu un autre fils :

 

Gilles Aubrière (?-1614)

 

Il épouse en premières noces Julienne Leprince, peut-être fille de Jacques, qui serait donc la tante maternelle de Guillemine Leprince (voir ci-dessus). On leur connaît six fils et deux filles. Veuf en septembre 1612, il se remarie avec Françoise Hardy (rien à voir avec une certaine chanteuse), le 6 novembre 1613, et meurt le 26 octobre 1614.

Pierre Aubrière (<1588-1657)

Il semble bien être le fils de Gilles et de Julienne Leprince. Il épouse Julienne Angérard, peut-être fille d'un Jean et d'une Françoise, avant 1607 dont il a au moins cinq fils et deux filles. Il meurt à Chanu, le 27 septembre 1657, et son épouse le 20 décembre 1653.

Julienne AUBRIERE (1611-1674)

 

Fille des précédents, elle naît à Chanu, le 27 juin 1611. Elle y épouse Denis Hélie vers 1634 et y meurt le  6 juillet 1674.

A COMPLETER

BRANCHE COSTARD (Bretagne)

 

 

A CREER

CITATIONS

 

"L'homme sera juge de l'avenir par le passé." : Sophocle

"Comment peux-tu savoir où tu vas si tu ne sais pas d'où tu viens ?" : Confucius

"Le vrai tombeau des morts est le coeur des vivants." : Tacite

"La meilleure façon d'envisager l'avenir, c'est de se souvenir du passé." : George Halifax

"Après la mort, nous continuons d’exister. Le paradis se trouve dans le cœur de ceux qui nous ont aimé." : F. Wojciechowski

 

AVERTISSEMENT : Les photos qui figurent dans cette page proviennent d'archives familiales ou de sources internet éventuellement protégées. Toute reproduction à des fins commerciales est strictement interdite.